SOFRECOM :Tout change pour que rien ne change !

Publié le 08/02/2018 (mis à jour le 23/08/2018)

Une nouvelle vision pour Sofrecom ?

Après l'arrivée d'une nouvelle direction, les choses ont-elles vraiment changées ? 

Une nouvelle vision pour Sofrecom ?

  • Il y a 6 mois, nombreux étaient les salariés de Sofrecom pleins d’espoir et d’enthousiasme à l’arrivée d’une nouvelle direction, convaincus qu’une nouvelle page allait enfin se tourner après les années noires Moulin. Qu’en est-il aujourd’hui ?
  • Les choses ont-elles vraiment changé ? Force est de constater que la situation à peu évolué. Les dérives déjà dénoncées précédemment par nous-mêmes et d’autres OS en matière d’externalisation des compétences se sont poursuivies.
  • Ainsi de la poursuite de la croissance démesurée du Near-Shoring IT en Tunisie et au Maroc où les effectifs explosent, dépassant allègrement les 500 personnes.
  • Ainsi de la poursuite de la décroissance de l’expertise à Vincennes avec le départ toujours plus nombreux de consultants expérimentés, le non remplacement des départs en retraite  et l’arrivée massive de juniors - nettement moins coûteux pour l’entreprise – notamment à CSL. (Cf. résultats de l’étude ABC Marketing 2017)
  • Ainsi de la continuation de la déformation silencieuse du modèle de Sofrecom qui passe d’une société de conseil constituée d’experts hautement qualifiés à une SSII qui développe et intègre pour le compte d’Orange (et bientôt de tiers) des briques de SI conçues à l’extérieur de Sofrecom. A cet égard, les activités en Indonésie sont un indice de ces transformations. Il y a encore 3 ans il y avait toute une équipe capable de vendre des prestations de conseils à haute valeur aux opérateurs de la région. A présent il n’y a plus qu’une équipe de développeurs SI à l’avenir mal assuré.
  • Ainsi du projet d’externalisation des activités comptables mené à son terme, en dépit des avis négatifs des IRP, et malgré les demandes restées sans réponses sur les impacts de l’arrivée d’Oracle Fusion sur les équipes restantes à Sofrecom et dans les autres domaines (finance, achat, Sofco, travel …). Pour les équipes concernées cela a constitué un véritable traumatisme vécu par la plupart comme la lutte du pot de terre contre le pot de fer qui n’a d’autre choix au final que de capituler et accepter les conditions «proposées».
  • A présent on entend d’autres rumeurs faisant état de la suite des opérations du mercato de l’externalisation des fonctions supports ! A qui le tour et pourquoi faire ? Ces externalisations n’ont en réalité qu’une seule finalité : LES ECONOMIES (mais est-ce pour tout le monde ?) ; et elles n’auront qu’une conséquence : la perte de contrôle totale de Sofrecom sur son destin au profit de centres de décisions technocratiques au sein d’Orange que ce soit en matière de finance, achat, RH, informatique …

 Des résultats, quels résultats ?

 

  • Pour la première fois le CA de Sofrecom SA est passé sous la barre symbolique des 50M€ avec 46,7M€ enregistrés en 2017, soit une nouvelle baisse de 7,4% du CA par rapport à 2016. Pour rappel, celui-ci était de 100M€ en 2012. 
  • La stratégie annoncée, peu lisible et présentée sans aucune donnée chiffrée, semble prendre son temps pour trouver ses marques et se mettre en œuvre, sauf sur le développement des activités de sous-traitance IT en Tunisie et au Maroc, mais de ce côté il n’y a rien de très nouveau.
  • Le résultat net n’est même plus communiqué aux IRP dans les documents mensuels présentés au CE. C’est l’Ebitda la star du moment, et même à présent l’Ebitda retraité qui  lui est préféré. Ainsi, la direction s’est livrée à une grande opération de nettoyage de bilan pour ne plus y faire figurer tous les éléments jugés « à risques » en passant des provisions massives pour ceux-ci. Ces éléments « exceptionnels » seront retirés des bilans et permettront de présenter à Orange des comptes en ligne avec les attentes, avec bien entendu à la clé une nouvelle opération de refinancement de la part du groupe. Cependant, cette habile manœuvre pourrait permettre aux salariés de Sofrecom de toucher les fruits de leurs efforts (intéressement, salaires, PV).

 Pendant ce temps, les salariés trinquent !

  • Toutes   ces   évolutions, bien   évidement présentées par la direction comme des « améliorations » n’ont eu de cesse depuis ces derniers mois de mettre les équipes sous une pression véritablement infernale générant un mal-être qui s’est répandu comme une trainée de poudre à tous les niveaux de la société.
  • La politique d’austérité particulièrement sévère mise en place par les nouvelles instances de direction en matière de finance met toute la société sous pression ainsi que nos fournisseurs dont les délais de règlements sont passés de 45j à 60j. Bel exemple !
  • Il est à présent nécessaire de passer de longues heures pour négocier l’achat de  fournitures indispensables ou de prestations/déplacements nécessaires à la réalisation des missions. Les notes de frais des salariés ne sont pas remboursées avant de long mois et comme le délai de prélèvement des cartes corporate a été modifié par les banques, tout cela conduit à des situations compliquées.
  • Il en résulte une pression extrême qui se répercute sur la vie personnelle et familiale des équipes et notamment de celles des fonctions supports et finance, avec une forte augmentation de la charge de travail alors même que les ressources diminuent. Mise sous pression caractérisée notamment par des attentes sous des contraintes de délais extrêmement courtes, des demandes identiques parallèles, répétées…  la multiplication  des tâches et la pression sont devenues telles, que les arrêts de travail ont sensiblement augmenté et les risques de burn-out sont réels et inquiétants.
  • Mais les salariés des BU, notamment ceux ayant dépassé la cinquantaine ne sont pas oubliés pour autant et les RH mettent la pression sur ceux à quelques années du départ en retraite  afin  qu’ils  acceptent  de  quitter  Sofrecom  au  moyen   d’un   accord transactionnel contre une indemnité
  • Le télétravail qui pouvait être organisé et accepté par les N+1 de manière relativement fluide semble se compliquer singulièrement et de nouvelles exigences sont mises en avant avec le même résultat : compliquer la vie des salariés et faire chuter la productivité.
  • Toutes ces « mises en tension des équipes » ont des conséquences extrêmement néfastes sur l’équilibre psychique et la santé de nos collègues. La CFDT ne souhaite pas que Sofrecom vive en 2018 les heures les plus sombres des années 2009/2010 à FT. Nous en appelons donc à un arrêt sans délais de ces pratiques et à un fonctionnement en réelle conformité avec les engagements du Contrat Social mis en place au sein du groupe et de ses filiales.