RACISME

Publié le 23/06/2020

Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

La CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) a présenté le Rapport 2019 sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Chaque année, elle remet au Gouvernement un rapport qui dresse un état des lieux du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France, ainsi que des moyens de lutte mis en œuvre par les institutions de la République et la société civile :

Largement sous-déclarés, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie se manifestent souvent à travers des formes de rejet subtiles parfois difficiles à caractériser et à dénoncer pour les personnes qui en sont victimes. Une hausse des actes et discours à caractère raciste a été identifiée en 2019, s’ajoutant à celle déjà remarquable de l’année précédente.

Quelques chiffres inquiétants dans ce rapport :

  • 1,1 Million de personnes ont été victimes d’au moins une atteinte à caractère raciste, antisémite ou xénophobe
  • 6 603 affaires transmises à la justice

Source : enquête « Cadre de vie et sécurité », menée conjointement par l’INSEE et le ministère de l’Intérieur.

  • 393 Condamnations

Source : ministère de la Justice

Très peu de victimes portent plainte (peur de l’accueil réservé aux victimes par les forces de l’ordre lors du dépôt de plainte, taux élevé d’abandon des poursuites, difficultés d’apporter la preuve de l’ace raciste).

 

Parallèlement à ce rapport, le défenseur des droits a publié hier son rapport « discriminations et origines : l’urgence d’Agir ».

Ce rapport est tout aussi alarmant : Depuis la crise sanitaire les propos et comportements stigmatisants se sont multipliés.

Cette crise n’a fait qu’amplifier une réalité trop souvent ignorée ou minimisée.

En effet, il ressort de toutes les études et données à la disposition du Défenseur des droits que les discriminations fondées sur l’origine restent massives en France et affectent la vie quotidienne et les parcours de millions d’individus, mettant en cause leurs trajectoires de vies et leurs droits les plus fondamentaux.

Ces discriminations concernent une fraction importante de la société française et ne se réduisent pas à une question de nationalité ou de parcours migratoire.

L’emploi reste cependant le secteur de la vie sociale où les discriminations en raison de l’origine apparaissent les plus aiguës, que ce soit dans l’accès à l’emploi ou au cours de la carrière. Plus de la moitié des discriminations déclarées en raison de l’origine ou de la couleur de peau se produisent dans la sphère professionnelle.

Certaines personnes se trouvant au croisement de différentes formes de discrimination sont particulièrement exposées aux processus de stigmatisation et d’exclusion. Par exemple, les femmes de 18 à 44 ans vues comme noires, arabes ou asiatiques présentent un taux global de discrimination (tous critères confondus), dans le monde professionnel, nettement supérieur à celui des femmes vues comme blanches (65% contre 42%).

Avec l’aide du groupe « discriminations », la F3C lutte contre toutes les discriminations. La F3C va poursuivre son action pour sensibiliser les personnels et former les militants.

Dans son communiqué de presse, Frédéric Sève, Secrétaire National de la CFDT précise :

"Pour la CFDT, la lutte contre les discriminations raciales —et avant cela contre les stéréotypes et les préjugés — exige d’agir à différents niveaux : la CFDT soutient pleinement les recommandations du Défenseur des droits, en particulier la nécessité de faire évoluer les sanctions judiciaires pour les rendre plus dissuasives. Elle soutient également la création d’un observatoire des discriminations qui nous permettrait d’assurer un meilleur suivi des politiques publiques. Il faut aussi des politiques publiques ambitieuses de sensibilisation, d’éducation, de formation, d’information à tous les niveaux, pour tous les publics et à tous les âges.... Elle doit être une priorité politique. Elle rappelle enfin qu’il est de la responsabilité des employeurs privés et publics de mettre en place toutes les mesures de prévention (y compris dans les processus de recrutement) et de réaction permettant de mettre un terme à toutes formes de discriminations raciales dans leur entreprise ou administration"